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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 10:54

Des Brigades Internationales au commandement du 126e R.I:

 

Louis Godefroy est né dans le Lot-et-Garonne. Dés qu'il quitte l'école, ses parents lui font apprendre le métier de plombier. Et puis voici la guerre d'Espagne. Animé par un profond sens de la liberté, Louis ne peut assister insensible à l'étranglement de la République espagnole. Il s'engage donc dans les glorieuses brigades internationales et participe aux durs combats aux côtés des républicains espagnols contre le fascisme.

1940: La débacle, la défaite, mais Louis Godefroy fait partie de ces hommes qui ne se laissent pas abattre. Avec son parti, le Parti Communiste Français, il participe activement à l'organisation de la Résistance. Arrété, il s'évade de la prison de St Etienne. Aussitot, il reprend sa place dans le combat. L'état major national des F.T.P.F l'envoie dan le Midi et puis début 44 à Limoges avec la responsabilité de commissaire aux opérations. Il occupera ce poste au sein de la "R5" jusqu'à la Libération. Au moment de la reconstitution du 126 R.I, il s'en voit confier le commandement.   

 

 

 

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Lucien Cournil: Quelles étaient les forces de la Résistance au moment de ton arrivée dans la R5?

Louis Godefroy: Quand je suis arrivé dans cette région (Février 44) il y avait un groupe important dans le secteur de Sussac-Eymoutiers en Haute-Vienne, il était dirigé par Guingoin. Nous avions  quelques unités en Creuse. Elles étaien placées sous la responsabilité de Parotin, instituteur de son état, Martin et Delmont. Dans l'Indre, Les unités étaient dirigées par Driand et Despains. La Dordogne comptait déjà d'importants groupes dirigés par Hercule dans le sous secteur A et Rico dans le sous-secteur B. En Corrèze aussi, les élements F.T.P commandés par Léon Lanot étaient déjà trés puissants surtout dans le secteur de "Millevaches".

Tous ces groupes étaient déjà bien structurés. L'ont peut considérer qu'à cette époque nos effectifs dans la R5 atteignaient 7 à 8000 hommes dans les maquis. [...] Dés le début de 44, nous nous sommes attachés avec nos camarades Malou, Lassalle et Murat à structurer encore plus nos unités afin de les placer dans un cadre de combat différent de ce qu'ils avaient fait jusqu'alors. Cette tâche est d'ailleurs allée assez vite puisque dans l'espace de trois mois les unités ont rapidement gonflé. En effet, au mois de Mai 1944 les unités F.T.P représentaient dans la R5, 33000 hommes armés (De 20 à 22000 maquisards et le reste en éléments légaux).

Dés ce moment, d'importantes opérations ont eu lieu en application d'un plan de bataille trés précis [...] Mais je dois préciser que ce plan n'a été réalisable que grâce à la population qui dans son immense majorité a soutenu sans défaillance la Résistance, du renseignement à la nourriture en passant par les problèmes vestimentaires.

Dés cette époque les actions de harcélement de nos maquisards avaient créé un impressionant enthousiasme et c'est ainsi que trés vite la R5 contrôlait de 70 à 72000 hommes armés.

[...] Je crois qu'il faut rappeler ces choses qui montrent que la Résistance était bien l'émanation de l'ensemble de la population, des paysans, des ouvriers, des habitants des villes et des campagnes et surtout de la jeunesse. 

 

Lucien Cournil: Aurais tu une anecdote pour illustrer ces combats auquels la population a été associée?  

Louis Godefroy: Oui, et il y en aurait même beaucoup, mais puisque tu en veux une. Voilà. Au moment de la venue de "Das Reich", nous avions prévu des abattages d'arbres sur les routes pour fixer cette importante unité blindée, car nous ne pouvions avoir la prétention avec notre armement de l'arrêter ou de la détruire. L'opération consistait à pratiquer l'abattage pour protéger les villages et les secteurs que nous voulions préserver. Eh Bien! Je puis affirmer que dans cette "R5" au cours de cette opération, il y a eu des arbres abattus sur plus de 100 kilomètres. Tout cela étant éffectué par les jeunes et les vieux paysans, les femmes d nos campagnes, en un mot par tout le monde. Les maquis avaient demandés des abattage d'arbres, la population est passée à l'action.

 

Lucien Cournil: Une fois la région libérée - par ses propres moyens, il faut le souligner - que sont devenus les maquisards?

Louis Godefroy: Dans l'enthousiasme de la libération, les maquisards étaient bien décidés à poursuivre le combat jusqu'à l'écrasement total de l'Allemagne nazie.

C'est dans ces conditions que pluieurs régiments furent formés par les F.F.I afin de poursuivre la lutte tant dans le secteur de l'Atlantique que dans celui de l'Est. Parmi ceux ci le 126e R.I créé par décision de l'état-major F.F.I et formé à la caserne Brune à Brive.

[...] Il était uniquement composé de F.F.I. On retrouvait tous les maquisards F.T.P du secteur A de la Haute-Corrèze t tous ceux du secteur B. Ils étaient respectivement commandés par Taurrisson et Roussel. Un autre bataillon avait été formé par des unités venant de la Dordogne avec un amalgame de jeunes de l'A.S et des F.T.P. Ils arrivaient surtout du secteur de Montignac-sur-Vézère et le commandement était assuré par le capitaine Claude Bourdichon.

 

Lucien Cournil: Comment le recrutement s'est il organisé et de quel milieu venaient les jeunes?  

Louis Godefroy: Les jeunes contractaient un engagement pour la durée de la guerre. C'étaient de jeunes paysans mais aussi des jeunes travailleurs des usines [...] Tout cela faisait une moyenne d'âge extremement jeune, moi même, je n'avais que 32 ans. Le commandement m'en à été confié quelques jours seulement avant le départ de Brive en Janvier 1945. Le voyage s'est éffectué par train jusqu'à Rougement dans le Doubs, tout cela, inutile de le dire, dans un grand enthousiasme, d'autant que pour nous, mais aussi, et surtout pour les hommes, nous étions là pour aller mater jusque dans leur tanière les armées hitlériennes. [...] Voir nos garçons parlant avec l'accent du Périgord, du Limousin ou de la Corrèze habillés en Anglais et portant le fameux "Plat à barbe", tout cela était assez comique, d'autant que les Alsaciens nous prenaient pour des Anglais authentiques. [...] Notre régiment s'est emparé de Marckolshim et Artolsheim, deux communes importantes situées dans le secteur de Sélestat.

Entre temps, les Allemands qui faisaient des coups de main de ce côté du Rhin, sans doute pour se rendre compte de l'état de nos forces, sont tombés dans des embuscades et c'est ainsi que plusieurs d'entre eux ont été capturés et fait prisonniers. D'autre part, un commando organisé par le 3e Bataillon du 126 s'est infiltré de l'autre côté du fleuve et a ramené 7 prisonniers.

Toutes ces actions ont sans doute été appréciées par le commandement supérieur, puisque le régiment a reçu un nouvel armement léger toujours d'origine anglaise.

Nous avons passé le Rhin avec ce nouvel équipement le 4 A vril 1945. Ce passage s'est fait sans grosse difficultés, le chemin ayant été ouvert par d'autres unités et notamment le 151e R.I ... Dés lors, le régiment a participé aux batailles qui ont abouti à la prise de Karlsruhe, de Villingen, de Rastatt et puis l'ordre a été donné au 126 de se rattacher à la 9e D.I.C qui était engagée dans la plaine de Bade. Nous tenions la crête de la Forêt Noire. Nous devions faire sauter les bouchons installés par les Allemands. Parmi ces combats le plus dur a été celui de Karlsruhe. Les anciens du 2e Bataillon se rappelleront bien la fameuse tour de Durlac.

Une autre bataille s'est déroulée le 9 Avril dans des conditions difficiles à Spessard, localité située dans un glacis sans abri. Nous avons perdu là un certain nombre d'hommes et parmi eux, le capitaine corrèzien Taurisson. De là, nous avons participé à la prise de Baden-Baden, Freudenstadt et nous sommes arrivés prés du lac de Constance. C'est là que l'Armistice nous a surpris alors que nous étions depuis quelques jours rattachés à la 5e D.B.

 

Lucien Cournil: La guerre terminée, je crois savoir que le 126e R.I, a servi de test dans des conditions qui honorent tous les F.F.I qui le composait?   

Oui, un fait important s'est passé pour nous aprés l'Armistice. Le Général Lesserp qui commandait la 5e D.B a tenu à conserver le 126e R.I dans son unité de commandement. C'était en effet pour nous une belle récompense pour nous tous. Nous avons été affecté à l'occuption de la région de Donaveschingen. L'unité régimentaire était stationnée à Freudenstadt tandis que le premier bataillon campait aux environs de Baden-Baden.

Le 2e Bataillon occupait le secteur d'Horb et le 3e Bataillon le secteur de Cawl [...] Le régiment est donc resté là en occupation pendant un an. Et puis le Général de Lattre de Tassigny et le commandement de la 1ere Armée ont décidé de conserver le 126e R.I pour faire une expérience. C'est ce qu'ils ont appelés l'amalgame, c'est à dire un mélange des unités issues de la Résistance avec les éléments de la 1ere Armée dont les éléments venaient d'autres origines. 

 

[...] Nous sommes rentrés en France, en Septembre 1946 [...]

 

En terminant, je voudrais dire que ce qui a fait l'originalité de notre région, c'est qu'elle a fourni, aprés s'être libérée toute seule, tant sur le Front Est que sur le Front Atlantique, 11 unités complètes avec armement et équipement. Tout cela avec l'aide incontestable de la population.

C'est la population qui a organisée l'intendance, les réerves pour les déplacements. Tout cela était extremement important pour nous si l'on songe qu'il fallait nourrir environ 40000 hommes. Il a fallu que nos paysans de la Corrèze, de la Haute-Vienne, de la Dordogne, de l'Indre, de la Creuse ou du Quercy soient des hommes et des femmes vraiment liés à la Résistance, car ce que nous avons fait, nous n'avons pu le faire que grâce à cet esprit de la population.

Par leur rôle dans la résistance à l'agresseur nazi, la jeunesse et la population de nos régions ont contribué à écrire une des plus belles pages de l'Histoire de France dans sa lutte pour la Liberté. En ce trentième anniversaire, il fallait le rappeler.

 

 

Extraits d'un entretien avec Lucien Cournil paru dans le supplément au numéro 10.297 de "L'Echo du Centre" - 1974 et intitulé "1944 - 1974, il y a 30 ans, une longue nuit finissait... "

 

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Un livre écrit  et certainement tiré à très peu d'exemplaire en 1945 est dédicacé à "Monsieur le Lieutenant-Colonel Godefroy, Commandant le 126eR.I" ainsi qu'à "Monsieur le Capitaine Besse, Commandant le 3e Bataillon" raconte trés précisement l'épopée du 126e R.I. Il s'agit d' "Au fil de jours ... De la clandestinité à la victoire!" de l'Aspirant Charles Pagnon, issu comme tant d'autres des maquis F.T.P. 

Le livre se termine ainsi:

 

" A la guerre et au combat, il n'y a pas d'actions particulières à une section, à une compagnie, pas même à un bataillon; les hommes connaissent tour à tour, la même vie, ont les mêmes pensées et au hasard de la bataille se trouvent placés devant les mêmes devoirs et un danger commun.

Comme hier, dans ce maquis du Centre dont on ne peut que déplorer de n'avoir sous les yeux aucun écrit, nous sommes unis dans notre régiment: le 126e R.I est notre oeuvre: il est bien à nous, car c'est nos volontés qui l'ont fait renaître, partir et combattre, avec les cadres et les hommes formés à la dure école des bois. - 

La tâche a été rude, pas toujours facilitée mais qu'importe: aujourd'hui comme hier les anciens d'une autre époque, nous avons repris en main les déstinées de notre glorieuse unité -  Son drapeau, notre drapeau bien aimé, a flotté il y a quelques jours sur la terre d'Allemagne; puissent les jeunes qui l'ont vu, servir sous ses plis, animés de cette même foi qui nous a conduit sur les sentiers de la guerre:

 

                                                                        - de la clandestinité à la victoire! " 

 

 

 

 

 

 

Louis Godefroy - Fiche Wikipédia:

 

Louis Godefroy est né le 4 septembre 1911, dans la commune de Barbaste (Lot-et-Garonne). Son père exerce la profession de mécanicien et sa mère travaille comme bouchonnière dans une fabrique de bouchon.

À l’issue de ses études secondaires, il embrasse la profession de plombier-zingueur, puis, à la veille de ses 20 ans, en août 1931, il s’engage au 14e régiment d'infanterie, basé à Toulouse. Il y sert pendant 18 mois, avant de reprendre son activité d’ouvrier du Bâtiment.

Il s’engage alors en politique et exerce des responsabilités en Lot-et-Garonne et en Ariège au sein du Parti communiste.

En 1936, lors de la guerre civile espagnole, il s’engage dans les Brigades internationales et prend part, notamment, à la tête d’une compagnie, à la Bataille de l'Èbre.

À l’occasion de la Seconde Guerre mondiale, seconde guerre mondiale, il est mobilisé dès septembre 1939, et promu caporal-chef en avril 1940. Fait prisonnier le 24 juin 1940, il est interné à Metz. Il s’évade le 7 septembre 1940, lors de son transfert en Allemagne.

Louis Godefroy entre en Résistance à la suite de son évasion du 7 septembre 1940, sous le pseudonyme Marcel. Il fait partie, dès 1941, des Français libres, c'est-à-dire des tout premiers Résistants qui rallient le général de Gaulle à la suite de son appel du 18 juin1.

Particulièrement actif, se consacrant à des actions de propagande et à l’organisation de groupements d’action directe, il devient l’un des dirigeants de l’Organisation spéciale (OS), structure clandestine du Parti communiste français, en zone Sud.

Arrêté à Narbonne, le 21 juillet 1941 par la police de Vichy, il est condamné à quinze ans de travaux forcés par la cour spéciale de Montpellier.

Emprisonné à Saint-Étienne, il s’évade en septembre 1943, avec trente et un autres résistants, responsables syndicaux et militants communistes2.

Rejoignant alors la résistance dans la Loire, il prend la tête d’un groupe comme sous-lieutenant, groupe qui harcèle sans cesse l’ennemi.

 

Louis Godefroy intègre la branche armée de la Résistance communiste, Francs-tireurs et partisans français (FTPF), mise en place par Charles Tillon, et résultant de la fusion de l'OS (Organisation spéciale), des bataillons de la jeunesse (organisations de combat des Jeunesses communistes) et de la MOI (Main-d’œuvre immigrée)3.

Il est nommé lieutenant par l'État-major des FTP en novembre 1943 et assure les responsabilités de ‘’commissaire aux opérations’’ l’inter-région G, circonscription qui comprend les départements de l’Ardèche, de la Dordogne, du Gard et du Vaucluse.

Commandant toutes les actions militaires de son inter-région, il exécute ou fait exécuter de multiples sabotages, ou attaques, dont celle d’un train de permissionnaires allemands à Portes-lès-Valence le 10 décembre 19434, à Montélimar, aux environs de Nîmes, qui coûtent à l'ennemi plus de 300 hommes et la perte d'un matériel ferroviaire important.

En février 1944, nommé capitaine FTPF en février 1944, Louis Godefroy occupe le poste de chef technique d'une importante inter-région du Centre (Indre, Creuse, Haute-Vienne, Dordogne, Corrèze, Lot et territoire de l'ex-zone non occupée de la Vienne, de la Charente et de la Gironde).

Il y organise les parachutages, met en route des fabrications d'armes, de munitions et d'explosifs qui permettent de ravitailler les groupes d'action directe. Il organise en outre le renseignement, les transports, et le service sanitaire de son inter-région.

Le 1er avril 1944, Louis Godefroy est promu commandant et délégué militaire de son Etat-major, il commande alors les opérations dans cette même inter-région du Centre où il était précédemment chef technique.

Louis Godefroy participe à la mise sur pied de plans d'ensemble organisant des opérations sur Thiviers et Sarlande, en Dordogne ; sur Vigeois et Donzenac en Corrèze ; sur Châlus, en Haute-Vienne et Aubusson dans la Creuse.

La réalisation de ses plans d'opérations coûte à l'ennemi plus de 1500 tués ou blessés, la perte d'un matériel important (armes, camions, auto-blindées, etc.) et désorganise tous les transports ennemis (233 coupures de voie ferrée, 5 ouvrages d'art sur voie ferrée, 15 ponts sur route), de nombreux pylônes électriques (barrage de Marège de Bar), une usine électrique (La Tuilhère, en Dordogne) et de nombreux wagons et locomotives, ainsi qu'une grue sur voie.

Sous sa direction, les FTPF mènent des opérations à Eymoutiers (Haute-Vienne), Egletons et Tulle (Corrèze) 5, qu’il commande personnellement.

Du 8 au 12 juin, il organise dans le Lot et la Corrèze, le harcèlement par les FTPF de la division SS Das Reich qui, attaquée également par d’autres unités FFI, subit un retard de plusieurs jours dans sa marche.

 

Les Forces françaises de l'intérieur sont créées, théoriquement, fin décembre 1943 sous l’autorité politique du Général de Gaulle dont l'objectif est d’unifier, de donner un cadre légal, et de structurer de manière hiérarchique les multiples, diverses et éparses forces de Résistance intérieure.

Les Forces françaises de l'intérieur (FFI) regroupent notamment l'Armée secrète (AS) (qui regroupe, elle-même, les réseaux Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur), l'Organisation de résistance de l'armée (ORA) et les Francs-tireurs et partisans (FTP), dont fait partie Louis Godefroy.

Les FFI sont placées, en mars 1944 sous le commandement du général Kœnig et l'autorité politique du GPRF, dirigé par le général de Gaulle.

Louis Godefroy, alias Rivière, est alors délégué interdépartemental des FTP, dont le siège de l’État-major est situé en Haute vienne à Châlus, site connu pour être le lieu de la mort de Richard Cœur de LionN 1.

Le 11 juin 1944, Louis Godefroy, responsable régional des FTP, devient membre de l’État-major des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la Région R 5 (Limoges), dont le délégué militaire régional (DMR) est Eugène Déchelette.

Sous les ordres du commandant régional, le colonel Rousselier, Louis Godefroy est promu lieutenant-colonel le 7 juillet 1944, puis colonel, le 22 août 1944, après avoir été responsable de la Corrèze, département pour lequel il est remplacé par Roger Lecherbonnier (alias Antoine) 6, tandis que Georges Guingouin, le préfet du marquis, est chargé de la Haute-Vienne et Albert Fossey (alias François) de la Creuse et du Cher zone sud (R5/D2), zone dont il était chef départemental des FFI depuis mai 1944.

Adjoint au commandant de la 12e Région militaire (Limoges), organisant et commandant les troupes de la 12e RM, Godefroy est chargé des opérations sur le nord-ouest, nord et nord-est. Dans l'Indre, il harcèle encore l'ennemi et l'oblige à se rendre. Dans la 12e RM, il met sur pied des unités dans des conditions matérielles extrêmement dures, alimentant ainsi la 1ère Armée française et le Front de l'Atlantique.

 

A la mi-janvier 1945, le colonel Godefroy rejoint la 1ére armée, qui est placée sous le commandement du général de Lattre de Tassigny.

Le colonel Godefroy dirige le 126e régiment d'infanterie de ligne7, succédant au commandant Passemard qui a reconstitué ce régiment en 1944 à Brive8, essentiellement à partir de maquis de Corrèze et de Dordogne, regroupés autour de son drapeau préservé de l’occupant.

D'abord mis à la disposition de la 2e brigade de la 1re division française libre, le régiment commandé par Louis Godefroy participe à la libération de l’Alsace, renforce la 2e brigade à l’occasion de la défense de Strasbourg, et de la surveillance de la rive gauche du Rhin.

Puis, mis à disposition de la 2e division d'infanterie marocaine, ce régiment participe avec la 9e Division d'Infanterie Coloniale à la campagne en Allemagne, combat à Karlsruhe, Ruppur et Rastadt avec le 23e R.I.C et le 6e R.I.C.

 

Après la dissolution, le 1er avril 1946 à l’issue de neuf mois d’occupation en Allemagne, du 126e régiment d’infanterieN 2 dont il était le Chef de corps, Louis Godefroy quitte l’armée.

Il travaille alors au secrétariat national de l’association des anciens combattants de la Résistance.

Puis, de 1960 à 1967, Louis Godefroy œuvre dans l’édition.

Quelques mois avant son décès, en présence du commandant Passemard son prédécesseur à la tête du régiment, il est reçu en salle d'honneur du 126eme RI. Avant que de faire un don, il précise des faits historiques :

  • Il cite son altercation avec de Lattre de Tassigny qui dans ses ordres faisait franchir le Rhin au 126RI sans préparation d'artillerie. Celle ci obtenue de haute lutte, la mission fut brillamment exécutée.
  • Il témoigne aussi du fait que le général ne lui en tint pas rigueur. En effet, pour marquer son estime à propos du 126RI, il y passa sa dernière journée à la tête de la 1ère armée.

À cette occasion il offrit son fanion dédicacé à ce fier et vaillant régiment.

Le Colonel Godfroy, pour marquer sa première réception dans les murs de la caserne Brune depuis tant d'années, fit alors don de cette pièce historique au régiment9.

Il décède le 6 avril 1987 à Saint-Jean-de-Fos, où il est repose dans le caveau familial

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